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Chroniques / Poursuivre « la réinvention d’une ville » : les Jeux du Commonwealth 2014 à Glasgow

Fabien Jeannier

 

Les XXe Jeux du Commonwealth se sont déroulés à Glasgow du 23 juillet au 3 août 2014. Glasgow ne les avait encore jamais accueillis, contrairement à Édimbourg qui les a organisés à deux reprises, en 1970 et 1986. Glasgow possède pourtant une solide expérience dans l’organisation d’événements culturels populaires1  : c’est en partie ce qui a fait pencher la balance en sa faveur lors du choix final face à la ville nigériane d’Abuja. Alors que de nombreuses voix de militants, d’artistes ou d’universitaires dénonçaient, depuis l’organisation du Garden Festival en 1988, l’instrumentalisation de ces manifestations culturelles au service de la promotion et du développement économique de la ville, l’idée d’accueillir les Jeux du Commonwealth à Glasgow a germé dès 2002, au moment où ils se déroulaient à Manchester. Leur organisation a nécessité dix ans de travail, entre le moment où le Comité écossais des Jeux du Commonwealth (Commonwealh Games Council for Scotland) a, en février 2004, officiellement décidé de soutenir la candidature de Glasgow et le début des Jeux en juillet 2014.

La ville a opéré une véritable métamorphose au cours des trente dernières années. Elle affiche désormais une grande vitalité. Elle y est parvenue en axant sa politique de régénération physique, économique et sociale sur le développement d’une économie de services, du tourisme de loisir et d’affaires, des arts et de la culture. Glasgow n’est pas la capitale administrative et politique de l’Écosse, puisque le parlement écossais se trouve à Édimbourg, mais elle rayonne sur tout le centre-ouest du pays, voire au-delà. La ville compte 593 295 habitants2 et se situe au cœur de la conurbation de la vallée de la Clyde (The Glasgow and Clyde Valley Conurbation) qui compte environ 1,75 millions d’habitants. Elle se dispute toutefois avec Édimbourg le titre de capitale économique et culturelle de l’Écosse. Glasgow est également le deuxième centre commercial de Grande-Bretagne après l’ouest londonien.

L’annonce de l’attribution des Jeux à la ville en novembre 2007 a suscité nombre de réactions enthousiastes et de déclarations très optimistes de la part des dirigeants politiques et sportifs de l’époque : la possibilité pour l’Écosse, et pas uniquement Glasgow, de montrer au monde entier ce dont elle est capable était au cœur des discours. Ce n’est toutefois pas l’essentiel. Bien avant que les premiers travaux d’infrastructures aient débuté, la question de l’héritage (legacy) de la manifestation se posait déjà. Ainsi Steven Purcell, à la tête du groupe travailliste, majoritaire, au conseil municipal de la ville à cette époque3, déclarait-il : « on a décroché l’or mais c’est maintenant que commence le travail. Ce n’est pas une question de politiciens qui engrangent les honneurs, ou uniquement du monde sportif qui vient à Glasgow. Il s’agit de s’assurer que les Jeux auront un héritage durable »4. Le discours politique relayait alors une série d’objectifs exprimés sans ambiguïté quelques mois plus tôt dans la Glasgow Economic Review :

Faire venir les Jeux du Commonwealth à Glasgow changerait notre ville. Accueillir le deuxième évènement mondial multi-sport assurerait que la réinvention de Glasgow non seulement continue mais qu’elle passe la vitesse supérieure5. Cela apporterait des emplois et des investissements. Cela amènerait régénération et renouvellement dans certaines des communautés qui en ont le plus besoin. Et cela permettrait de montrer à une audience mondiale de plusieurs milliards de personnes tout ce que notre ville a à offrir.6

 

Ainsi, comme ce fut le cas dans le passé pour d’autres manifestations, les Jeux du Commonwealth devaient agir comme le catalyseur majeur d’une nouvelle phase du travail sur l’image de la ville, sa régénération physique et son développement économique, auxquels il devenait essentiel de donner un souffle nouveau. Il serait tentant de prendre au mot Steven Purcell, qui a depuis laissé sa place à Gordon Matheson à la tête du conseil municipal, et la Glasgow Economic Review : les Jeux ont-ils produit ce qui était attendu d’eux en termes d’image, de régénération urbaine et de développement économique ? Cette contribution n’a pas l’ambition d’apporter des réponses définitives. L’héritage d’une telle manifestation ne peut être évalué qu’à long terme, notamment dans les domaines social et économique. Il ne s’agit donc ici que d’une tentative de clarification et de mise en perspective des principales questions qui se posent au lendemain des Jeux, au regard des objectifs ambitieux qui présidaient à leur organisation.

De la deuxième ville de l’Empire à la première ville du Commonwealth

 

Les nombreux documents officiels publiés par le comité d’organisation des Jeux ne cessent de le répéter : il convenait d’organiser des Jeux d’exception, regardés et célébrés dans tous les pays et provinces du Commonwealth, tournés vers les athlètes, soucieux de mettre en scène des compétitions de niveau mondial et qui suscitent la fierté des Glaswégiens et de l’Écosse.

Il est peu dire que cet objectif est effectivement complètement rempli. L’édition du lundi 4 août 2014 du Herald Scotland, au lendemain de la cérémonie de clôture, rapporte les commentaires des responsables politiques et sportifs du pays. En voici quelques exemples significatifs : « fantastique », « un triomphe », « des Jeux étincelants », « une ville réellement bourdonnante d’activité », « des foules locales époustouflantes ». Pour Gordon Matheson,

Glasgow a marqué le monde. Les gens de cette ville ont produit les meilleurs Jeux de l’histoire du Commonwealth. Nous pouvons déjà constater l’héritage des Jeux en termes d’emplois, de développement économique et d’activité sportive. Ce soir, nous allons continuer à faire la fête et chacun pourra apprécier ce qui promet d’être une fantastique célébration de notre fière cité et de ses habitants remarquables. Demain, et pendant des années, les gens de Glasgow vont se saisir de l’héritage des Jeux et se l’approprier. Glasgow ne sera plus jamais la même7.

Pendant onze jours, 4 851 athlètes en provenance de 71 pays et territoires se sont affrontés dans 22 disciplines sportives (dont 5 handisport) dans une atmosphère particulièrement festive qui a été unanimement reconnue, tant par les organisateurs (ce qui était prévisible) que par les journalistes, les spectateurs et les athlètes eux-mêmes. 1,3 millions de places ont été vendues pour assister aux diverses manifestations sportives, en très grande majorité à des Britanniques puisque moins de 3 % des places ont été vendues à l’étranger8 . Les épreuves qui se sont déroulées dans l’espace public (cyclisme sur route et marathon) ont drainé un public nombreux. Ce succès populaire n’a finalement été terni que par la circulation difficile dans et autour de la ville9.

Il est certain que cela a été bénéfique pour l’image de Glasgow qui est, depuis plus de trente ans, au centre des préoccupations de ses dirigeants. Glasgow a en effet véhiculé pendant des décennies l’image très négative d’une ville grise où chômage, alcoolisme et violence constituaient le trio de tête des problèmes insolubles, dans un paysage urbain d’habitat dégradé et de friches industrielles. Cette image, ancienne, avait en grande partie été forgée dès l’entre-deux-guerres par la publication en 1935 d’un roman d’exploration sociale intitulé No Mean City10, pour ensuite perdurer jusque dans les années quatre-vingt. Depuis, l’expression « No Mean City » est utilisée à la manière d’un slogan publicitaire, foncièrement réducteur et inexact, pour évoquer l’ensemble des problèmes socio-économiques de la ville. Preuve de la persistance des perceptions dans la mémoire collective, la presse n’a pas manqué d’y faire allusion à l’occasion des Jeux. On a ainsi pu lire que « la transformation de Glasgow est maintenant achevée. No Mean City n’existe plus »11, pour mieux tenter de convaincre que Glasgow n’a plus rien à voir avec la ville sale et violente que beaucoup de Britanniques se représentent encore.

En donnant aux visiteurs la possibilité de le vérifier in situ, ces Jeux ont donné un sens tout particulier à l’adage selon lequel « les gens font Glasgow »12, au-delà de la superficialité des slogans de ces trente dernières années qui se sont évertués à vendre une ville amicale et chaleureuse13. La masse des quelques 12 500 bénévoles, les « Clydesiders », a effectivement transmis chaleur et bonne humeur à des visiteurs qui, visiblement, n’imaginaient pas que l’on puisse être ainsi reçu à Glasgow.

Sur le plan sportif, les Jeux sont également un grand succès pour l’Écosse. Il faut dire que la nation hôte avait pour l’occasion constitué sa plus grosse équipe de l’histoire en présentant 310 athlètes et avait procédé à un investissement conséquent et planifié pour être sûre de faire bonne figure. Au cours des quatre dernières années, ce sont £38,2 millions d’argent public qui ont été dépensées par l’agence nationale pour le sport SportScotland à travers un institut, le SportScotland Institute of Sport, entièrement dédié au développement de méthodes modernes d’entraînement pour l’élite des sportifs du pays. À cela s’ajoute le choix stratégique des sept épreuves optionnelles, dont le judo, et des épreuves handisport dans lesquelles l’Écosse pouvait engager des compétiteurs en mesure de remporter des médailles.

Au bout du compte, l’Écosse a réalisé une véritable moisson de médailles : 53 dont 19 d’or, soit 20 de plus que son précédent record, en 1986 à Édimbourg. La question qui se pose, et qui dépasse très largement le champ de cette contribution, est à l’évidence de savoir quel sera l’héritage sportif des Jeux de 2014 pour le sport de haut niveau écossais et s’il y aura un investissement aussi conséquent pour les prochains Jeux qui se dérouleront en 2018 à Gold Coast en Australie. Plus crucial encore, quel impact les Jeux auront-ils sur la pratique populaire et, à plus long terme, sur la santé des habitants de la ville la plus malade du Royaume-Uni ?

Les Jeux et la régénération de l’East End de Glasgow

L’intégration des Jeux dans la stratégie globale de régénération de la ville est la deuxième question d’importance. Elle est intimement liée au rôle central que doit y jouer la Clyde, le fleuve qui traverse Glasgow. Jusqu’à récemment, la municipalité avait investi des sommes considérables dans l’aménagement du centre-ville et des friches industrielles proches du centre-ville situées en aval de ce dernier, stratégiques en termes d’image. L’ensemble se présente désormais comme la vitrine du processus de régénération urbaine de la ville post-industrielle.

L’effondrement de l’activité des chantiers navals et de l’industrie lourde à partir des années 1950 avait laissé une superficie très importante de sites déclassés de chaque côté du fleuve. Des programmes de rénovation urbaine avaient conduit à la destruction complète de quartiers de logements ouvriers qui jouxtaient les chantiers navals dans les années 1960 et 1970. La Clyde était donc bordée, au début des années 1980, d’une sorte de no man’s land qui a fait l’objet, au cours des décennies suivantes, de l’attention des aménageurs de manière très fragmentée. En conséquence, au milieu des années 2000, une grande partie des rives du fleuve restait à régénérer. Même si des projets majeurs ont été réalisés au cours des années 200014, de nombreux sites restent encore aujourd’hui à l’état de friche, notamment en amont du centre-ville. En raison de leur fragmentation, les actions de régénération ne sont pas parvenues à reconnecter les parties sud et nord de la ville au fleuve et entre elles. La superficie des sites qui ont été réaménagés reste finalement assez modeste, malgré le grand nombre de projets menés à terme, en comparaison de la superficie des espaces en friche. Ainsi, le long de Govan Road, quelques entrepôts avaient été réhabilités pour les manifestations de l’année de la culture mais ils sont désormais inutilisés. Le quartier presque exclusivement industriel de Tradeston15 est encore très largement constitué d’entrepôts à l’abandon. Très peu d’entre eux ont été réhabilités ou reconvertis16.

Atlantic Quay/ Broomielaw (Jeannier, 2009) – Localisation Google maps. A gauche : anciennement connus sous le nom de Broomielaw, ces quais situés aux portes du centre-ville ont été réaménagés en bâtiments de bureaux. On y distingue, au fond, le casino de la ville ainsi que le pont de chemin de fer qui dessert Central Station. A droite : plus en aval du centre ville, le réaménagement de Broomielaw s’est poursuivi par la construction d’immeubles d’habitation. On distingue la coque de The Armadillo, salle de spectacle construite en 1997, derrière laquelle se trouve le Scottish Exhibition and Conference Centre, et Finnieston Crane, symbole du passé de construction navale de la ville.

Atlantic Quay/ Broomielaw (Jeannier, 2009) – Localisation Google maps.
A gauche : anciennement connus sous le nom de Broomielaw, ces quais situés aux portes du centre-ville ont été réaménagés en bâtiments de bureaux. On y distingue, au fond, le casino de la ville ainsi que le pont de chemin de fer qui dessert Central Station.
A droite : plus en aval du centre ville, le réaménagement de Broomielaw s’est poursuivi par la construction d’immeubles d’habitation. On distingue la coque de The Armadillo, salle de spectacle construite en 1997, derrière laquelle se trouve le Scottish Exhibition and Conference Centre, et Finnieston Crane, symbole du passé de construction navale de la ville.

Pacific Quay (Jeannier, 2010) – Localisation Google maps. En haut à gauche : The Armadillo et Finnieston Crane, sur l’ancien site de Queen’s dock. Ils sont reliés à Pacific Quay, sur l’autre rive de la Clyde par un pont uniquement piétonnier, Bell’s Bridge. En haut à droite et en bas : Pacific Quay, sur l’ancien site de Prince’s dock, où s’est déroulé le Garden Festival de 1988. Le bâtiment de BBC Scotland a été inauguré en 2007, le Glasgow Science Centre et le cinéma Imax (photos du bas) en 2001. En arrière plan, la Glasgow Tower.

Pacific Quay (Jeannier, 2010) – Localisation Google maps.
En haut à gauche : The Armadillo et Finnieston Crane, sur l’ancien site de Queen’s dock. Ils sont reliés à Pacific Quay, sur l’autre rive de la Clyde par un pont uniquement piétonnier, Bell’s Bridge.
En haut à droite et en bas : Pacific Quay, sur l’ancien site de Prince’s dock, où s’est déroulé le Garden Festival de 1988. Le bâtiment de BBC Scotland a été inauguré en 2007, le Glasgow Science Centre et le cinéma Imax (photos du bas) en 2001. En arrière plan, la Glasgow Tower.

Clyde Place (Jeannier, 2009) – Localisation Google maps. Clyde Place se situe dans le quartier de Tradeston, zone située immédiatement en face d’Atlantic Quay. Tradeston est un quartier d’usines et entrepôts pour la plupart désaffectés et toujours en attente de requalification.

Clyde Place (Jeannier, 2009) – Localisation Google maps.
Clyde Place se situe dans le quartier de Tradeston, zone située immédiatement en face d’Atlantic Quay. Tradeston est un quartier d’usines et entrepôts pour la plupart désaffectés et toujours en attente de requalification.

Riverside Museum (Scotland’s Museum of Transports), à Glasgow Harbour. Le musée a ouvert ses portes en juin 2011 (Jeannier, 2010 et 2011) – Localisation Google map. En haut à gauche : en construction, vue depuis Pacific Quay. En haut à droite : quelques semaines après l’ouverture, en juillet 2011. En bas : sites qui restent à aménager à côté et en face du Riverside Museum.

Riverside Museum (Scotland’s Museum of Transports), à Glasgow Harbour. Le musée a ouvert ses portes en juin 2011 (Jeannier, 2010 et 2011) – Localisation Google maps.
En haut à gauche : en construction, vue depuis Pacific Quay. En haut à droite : quelques semaines après l’ouverture, en juillet 2011.
En bas : sites qui restent à aménager à côté et en face du Riverside Museum.

Afin de poursuivre cette première grande phase de régénération, la Clyde a été remise au centre de toutes les attentions. Le gouvernement écossais l’a désignée, ainsi que les terrains déclassés adjacents, zone prioritaire de régénération urbaine sous l’appellation Clyde Corridor. Il s’agit en fait de poursuivre les politiques de régénération urbaine et économique précédentes, en prenant toutefois soin de développer une vision plus globale et, espérons-le, plus cohérente du redéveloppement d’un vaste territoire dont les problématiques sont différentes selon les lieux mais dans lequel les actions de régénération ont jusqu’alors été trop fragmentées et trop ciblées.

Le Clyde Corridor est une vaste zone d’une quarantaine de kilomètres qui débute bien en amont du centre-ville de Glasgow et qui s’étend jusqu’à l’embouchure de la Clyde. À Glasgow, il est scindé en deux parties : en aval, le Clyde Waterfront, qui comprend le centre-ville et, en amont, le Clyde Gateway, territoire sur lequel opère l’agence urbaine de régénération du même nom (Urban Regeneration Company – URC17). Cet ambitieux programme définit clairement la Clyde comme le porte-drapeau et l’axe majeur de la régénération de Glasgow et de toute la vallée dans laquelle se situe l’aire métropolitaine glaswégienne. La Clyde doit redevenir le vecteur principal de la prospérité de cette dernière en général et de Glasgow en particulier, comme cela avait été le cas aux XVIIIe et XIXe siècles, et doit leur permettre d’atteindre les objectifs de compétitivité économique mondiale.

Territoire de l’agence de régénération urbaine Clyde Gateway. Source : carte interactive : http://www.clydegateway.com/pages/clyde_gateway_map.php.

Carte 1 : territoire de l’agence de régénération urbaine Clyde Gateway.
Source : carte interactive : http://www.clydegateway.com/pages/clyde_gateway_map.php.

 

Les Jeux du Commonwealth s’intègrent dans cette stratégie globale de régénération de la ville pour plusieurs raisons. Leur rôle était d’abord de fournir le prétexte nécessaire à une impulsion forte dans la mise en œuvre de ce vaste plan de régénération, essentielle à sa réussite, pour ensuite agir en tant que catalyseur. Ils constituaient également un point d’intérêt majeur sur lequel faire porter les coups de projecteurs. Enfin, ils ont été pensés pour poursuivre l’effort de régénération de la ville en s’appuyant en grande partie sur des infrastructures existantes. Ainsi, seuls deux complexes sportifs et culturels ont été construits de toutes pièces et un site a été aménagé pour l’occasion :

  1. le SSE Hydro (12 500 places), salle de spectacle multifonctionnelle, a été construit près du Scottish Exhibition and Conference Centre (SECC) et de l’Armadillo, sur l’ancien Queen’s Dock, un site qui a déjà fait depuis longtemps l’objet de programmes de rénovation d’importance et qui est le symbole de la régénération de la ville. L’ensemble constitue désormais le SECC Precinct ;
  2. The Emirates Arena et le Sir Chris Hoy Velodrome ont été construits pour accueillir les épreuves de badminton et de cyclisme sur piste. Le complexe est adjacent au village des Jeux, complétant ainsi la requalification de la friche industrielle de Dalmarnock ;
  3. Cathkin Braes, un site boisé et vallonné situé à l’extrémité sud de la ville a été aménagé pour accueillir l’épreuve de VTT.

 

Construction du vélodrome Sir Chris Hoy, pour les Jeux du Commonwealth (Jeannier, 2010) – Vue vers le sud depuis London Road, devant Celtic Park – Localisation Google maps.

Construction du vélodrome Sir Chris Hoy, pour les Jeux du Commonwealth (Jeannier, 2010) – Vue vers le sud depuis London Road, devant Celtic Park – Localisation Google maps.

Une grande majorité des lieux où se sont déroulées les épreuves étaient donc déjà construits et opérationnels au moment de la candidature de la ville. À l’exception des trois stades de la ville (Celtic Park, Ibrox Park et Hampden Park), ces sites sont le fruit de phases de régénération précédentes. Certaines infrastructures existantes ont été rénovées, améliorées ou aménagées de façon à être adaptées aux exigences des Jeux, ce qui est présenté par la municipalité comme une façon de leur donner une seconde jeunesse et de continuer à bâtir l’avenir sur l’héritage du passé.

Le village des Jeux, quant à lui, a été construit à Dalmarnock, en bord de Clyde. Dalmarnock est un quartier de l’East End de Glasgow, situé à environ 3 kilomètres du centre-ville. Ce site a finalement été préféré à Sighthill, un autre site déclassé du nord de la ville. L’East End est un vaste territoire sinistré. Après avoir subi de plein fouet la désindustrialisation des années 1960 et 1970, il a fait l’objet de destructions massives de logements, dont une grande partie était très dégradés, si bien qu’il s’est littéralement vidé entre 1951 et 1981, passant de 145 000 à 41 000 habitants. À Dalmarnock, la population actuelle est d’environ 2 000 habitants, contre plus de 50 000 dans les années 1950. Les premiers efforts de régénération urbaine dans cette partie de la ville sont anciens puisque Dalmarnock se situe dans la zone du GEAR (Glasgow Eastern Area Renewal), un programme de régénération urbaine novateur mis en place en 1976 et qui constituait à l’époque le programme de rénovation urbaine le plus important de Grande-Bretagne. Son originalité était de tenter de répondre aux problèmes complexes de la désindustrialisation et de son cortège de problématiques connexes par un ensemble de solutions variées et concertées18.

Le village des Jeux constitue l’un des trois éléments majeurs du programme de régénération économique et de désenclavement de l’East End de la ville porté par l’agence de régénération urbaine Clyde Gateaway. Les deux autres projets étaient la construction d’infrastructures routières : un tronçon d’autoroute (M74), traversant le sud de la ville d’est en ouest pour relier les autoroutes qui desservent le centre-ville et l’ensemble de la conurbation et un axe de circulation traversant l’East End du nord au sud (East End Regeneration Route – voir cartes 1 et 3). Ils sont aujourd’hui achevés.

Construction de la M74 et de l’Est End Regeneration Route (Jeannier, 2010) – Vue vers le nord, depuis Polmadie – Localisation Google maps. En haut : la M74 traverse le site de l’ancienne usine sidérurgique Dixon’s Blazes, à l’abandon depuis les années 1960, situé entre le quartier des Gorbals et au sud, Govanhill. En arrière plan, les tours d’habitation du quartier des Gorbals. En bas à gauche : on aperçoit, en arrière-plan, les immeubles de Red Road. En bas à droite : la M74 passe au-dessus de Polmadie Road, qui constitue l’un des segments de l’East End Regeneration Route.

Construction de la M74 et de l’Est End Regeneration Route (Jeannier, 2010) – Vue vers le nord, depuis Polmadie – Localisation Google maps.
En haut : la M74 traverse le site de l’ancienne usine sidérurgique Dixon’s Blazes, à l’abandon depuis les années 1960, situé entre le quartier des Gorbals et au sud, Govanhill. En arrière plan, les tours d’habitation du quartier des Gorbals.
En bas à gauche : on aperçoit, en arrière-plan, les immeubles de Red Road.
En bas à droite : la M74 passe au-dessus de Polmadie Road, qui constitue l’un des segments de l’East End Regeneration Route.

 

Réalisation phare de ces Jeux, le village a donc été créé de toutes pièces sur un site de 35 ha pour un coût de plus de £370 millions19, à l’endroit où avait été érigé dans les années soixante un ensemble comprenant quatre tours de vingt-deux étages (toutes démolies entre 2002 et 2007) et des constructions plus basses, des « H-block maisonettes ». L’objectif était de créer une nouvelle zone résidentielle en requalifiant un terrain utilisé dans le passé mais aujourd’hui déclassé, en accord avec les orientations définies dans le plan d’urbanisme de la ville. La construction du village, le plus important projet de construction de logements de Glasgow depuis longtemps, est le fruit d’un partenariat public-privé20 . Elle devait se dérouler selon les principes du développement durable dans tous les domaines : mise en œuvre, nature des matériaux utilisés, recours à de l’énergie alternative et recyclée, construction du réseau d’évacuation et de traitement des eaux usées21 . Le village est situé de manière à ne pas être à plus de 20 minutes de transport de chacun des lieux de compétition. Il a été construit pour accueillir 6 500 athlètes et officiels, avec des installations leur permettant de se préparer et de s’entraîner sur place pour les compétitions. Il était prévu dès leur construction que ces logements soient transformés après les Jeux en habitat pérenne. 300 logements sont destinés au marché immobilier privé (locatif ou propriétaires occupants) et 400 reviendront aux associations gestionnaires de logements sociaux. Une maison d’accueil d’une capacité de 120 lits pour personnes âgées et dépendantes sera également construite22 . Il y a toutefois peu de chance que la population locale, dont plus de la moitié vit actuellement dans des logements sociaux, ait les moyens de s’acheter un logement sur le site du village des Jeux ou, à défaut, d’en louer un au prix du marché locatif privé, bien que les prix des logements soient annoncés comme accessibles23.

Vidéo construction village des Jeux :

Image de prévisualisation YouTube

L’aspect environnemental et durable était un aspect majeur des Jeux, défini en tant que tel dès le début. Ainsi, les Jeux ont eu lieu sur 13 sites différents, dont 2 situés hors de Glasgow (Carnoustie pour les épreuves de tir et Édimbourg pour le plongeon). À Glasgow, les sites étaient regroupés en trois clusters, le East Cluster, avec le village, le West Cluster et le South Cluster, dans une démarche d’usage facilité des transports en commun pour les athlètes, officiels et spectateurs. La gratuité des transports en commun était en effet assurée pour toutes les personnes accréditées et celles munies d’un ticket pour assister à une compétition. Il fallait pour cela disposer d’un réseau de transport suffisamment performant pour rendre le recours aux voitures des particuliers inutile, d’où les investissements conséquents dans ce domaine. Cela n’a toutefois pas empêché d’importantes difficultés de circulation.

Cartes 2 et 3 : lieux où se sont déroulées les épreuves et organisation en clusters. Sources : http://worldsportsandhospitality.com/glasgow-2014-commonwealth-games-venues.html (carte 2) et Strategic Environmental Assessment (SEA) of the Glasgow 2014 Commonwealth Games Strategy and Framework, November 2010, http://www.glasgow.gov.uk/CHttpHandler.ashx?id=16539&p=0 (carte 3).

Cartes 2 et 3 : lieux où se sont déroulées les épreuves et organisation en clusters.
Sources : http://worldsportsandhospitality.com/glasgow-2014-commonwealth-games-venues.html (carte 2) et Strategic Environmental Assessment (SEA) of the Glasgow 2014 Commonwealth Games Strategy and Framework, November 2010, http://www.glasgow.gov.uk/CHttpHandler.ashx?id=16539&p=0 (carte 3).

Piscine royale du Commonwealth (Royal Commonwealth Pool), Édimbourg (Jeannier, 2014) – Localisation Google map. À gauche : vue depuis les Salisbury Crags. À droite : vue depuis Dalkeith Road

Piscine royale du Commonwealth (Royal Commonwealth Pool), Édimbourg (Jeannier, 2014) – Localisation Google maps. À gauche : vue depuis les Salisbury Crags. À droite : vue depuis Dalkeith Road

 

L’héritage socio-économique

 

La question des retombées socio-économiques est la troisième question d’importance. Elle est fondamentale après des décennies de politiques de régénération urbaine qui ont, certes, conduit à une transformation radicale de la ville mais qui n’ont pas réduit de manière significative la polarisation socio-spatiale, quand elles n’ont pas accentué la relégation en périphérie. Il est possible d’évaluer le montant des investissements réalisés pour l’organisation des Jeux du Commonwealth, de même qu’il est possible de se rendre compte des transformations physiques que sont la construction d’un village, d’une autoroute ou d’une salle de sport. La tâche est toutefois beaucoup plus compliquée quand il s’agit d’évaluer l’impact d’une telle manifestation en termes d’emploi dans la durée.

En mai 2005, une société de conseil remettait un rapport au groupe de travail installé par le Premier ministre écossais chargé d’examiner l’intérêt de la candidature de Glasgow au Jeux du Commonwealth (Bid Assessment Group) sous l’angle des éventuelles retombées économiques. C’est sur la base de ses conclusions que le gouvernement écossais décida d’apporter son soutien officiel à la candidature de Glasgow. L’étude prévoyait la création de 1 200 emplois en Écosse, et de 1 000 à Glasgow, une augmentation de 4 % du nombre de visiteurs dans la ville et un gain net de £26 millions pour la ville et de £81 pour l’Écosse. Enfin, l’étude soulignait la contribution des Jeux du Commonwealth à l’amélioration de la qualité de la vie, de la motivation de la main d’œuvre et de l’image renvoyée aux investisseurs étrangers ainsi que dans le bouillonnement de la ville, tout en reconnaissant que tout cela restait difficilement quantifiable24 .

Fin juillet 2014, les organisateurs estimaient que les Jeux avaient en réalité permis la création de 5 000 emplois et contrats d’apprentissage et que les entreprises de Glasgow avaient bénéficié de £200 millions de contrats liés au Jeux. Des emplois supplémentaires ont été créés pour réaliser la conversion du village en logements. Il est acquis que les Jeux ont stimulé l’industrie du BTP puisque £769 millions ont été dépensés pour réaliser les travaux de construction et d’amélioration des infrastructures25, dont £198 pour les seules infrastructures sportives. Le coût est en réalité bien supérieur car il faut y ajouter les dépenses pour la rénovation ou l’amélioration des différents réseaux de transports à la fois dans la ville pour les déplacements de proximité et hors de la ville pour en faciliter l’accès, pour un coût estimé à £700 millions. À cela s’ajoute le coût de l’organisation, soit £575 millions26.

L’importance des enjeux financiers pose nécessairement question. L’organisation des Jeux en général et la construction du village en particulier s’inscrivent clairement, à nos yeux, dans une logique entrepreneuriale du redéveloppement urbain. Elles donnent un crédit certain à l’analyse du géographe Neil Smith, pour qui la régénération urbaine n’est autre qu’une gentrification qui ne dit pas son nom, mise en œuvre par des projets d’ampleur, et servie par les subventions publiques qui profitent aux marques mondiales, aux promoteurs immobiliers et aux financiers27. Cette analyse est complétée par Swyngedouw, Moulaert et Rodriguez28  qui expliquent que l’objectif des projets de régénération urbaine d’ampleur (large-scale urban development projects) est de redonner de la valeur aux espaces urbains bien situés, d’en maximiser la rentabilité locative et d’augmenter les recettes fiscales en attirant des populations avec des revenus importants et des logements dont la valeur détermine le niveau d’imposition. Rappelons que le village des Jeux n’est qu’une étape de l’objectif de l’agence de régénération urbaine Clyde Gateway d’attirer 20 000 habitants dans l’East End de la ville dans les 25 prochaines années. Afin de ne pas perdre de temps, la conversion du village des Jeux, pouvait-on lire dans la presse, devait démarrer quelques jours après la fin des épreuves. Le site redevenait un chantier presque aussitôt la cérémonie de clôture terminée. Il n’était ainsi pas possible que les athlètes de Sierra-Leone, inquiets de la propagation du virus Ebola dans leur pays, y logent quelques jours de plus, en attendant que la gravité de la situation sanitaire de leur pays soit correctement évaluée.

Swyngedouw, Moulaert et Rodriguez remarquent également que la mise à disposition de terrains à forte valeur ajoutée pour les promoteurs, avec tout ce que cela peut impliquer en termes de dépollution et de viabilisation notamment, est assurée par les pouvoirs publics, et donc aux frais des contribuables. Dans le cas précis du village des Jeux du Commonwealth, le site avait été vendu par la municipalité en 1989 pour la modique somme de £45 000, pour être racheté moins de vingt ans après £5,5 millions29. Les ressources et l’espace public ont été mis à disposition des intérêts privés, accompagnés d’un discours public qui tend à édulcorer la réalité des enjeux économiques de la régénération et qui légitime cette dernière en stigmatisant l’obsolescence de certains espaces urbains30.

Enfin, l’organisation des Jeux du Commonwealth « les plus réussis de l’histoire » semble s’être peu préoccupée des populations les plus fragiles. Les résidents locaux de Dalmarnock regrettent le peu de considération dont on a fait preuve à leur égard et à l’égard de ce qui restait utile et fonctionnel dans leur environnement31. Dans un registre différent mais éminemment symbolique, il était prévu que cinq des six dernières tours d’habitation de l’ensemble de Red Road, les plus hautes d’Europe lors de leur construction au début des années 1960, soient détruites au moment même où se déroulerait la cérémonie d’ouverture des Jeux à Celtic Park, avec une retransmission en direct sur un écran géant : l’opération devait symboliser la capacité de Glasgow à constamment se régénérer et à se réinventer. Tristes symboles des échecs de la régénération urbaine à Glasgow après-guerre, ces tours d’habitation ont logé quantité de familles ouvrières qui ont été durement touchées par la désindustrialisation de Glasgow. Elles se sont très vite dégradées et hébergent maintenant une autre catégorie de population très fragile : les très nombreux demandeurs d’asile envoyés à Glasgow dans le cadre de la politique de dispersion voulue par le gouvernement britannique. Un collectif de Glaswégiens s’est fortement mobilisé et est parvenu à faire annuler l’opération. Au-delà des questions de sécurité, ce collectif dénonçait notamment le fait que la réinvention de la ville puisse être érigée en spectacle, estimant que cette opération de destruction de très grande ampleur établissait un lien totalement inapproprié, voire insultant pour les anciens et actuels résidents de Red Road, entre divertissement et processus de régénération de la ville32.

Vidéo reportage Arte TV :

http://info.arte.tv/fr/glasgow-le-lifting-par-la-culture

ou

http://tinyurl.com/mjdcarl

 

Conclusion

À court terme, les Jeux ont assurément présenté l’image d’une ville très agréable. Cette première partie du contrat remplie, on peut toutefois se demander s’ils n’auront pour seul héritage tangible que quelques infrastructures supplémentaires dont Glasgow n’avait finalement pas besoin. Comme d’autres manifestations dans le passé, les Jeux n’auraient alors été qu’un prétexte à la stimulation à court terme de l’économie de la ville et de la métropole. Pour reprendre l’expression d’un promoteur immobilier, ils n’auraient constitué qu’une « piqûre d’adrénaline »33.

Les inégalités n’ont bien évidemment pas disparu en onze jours et les emplois créés au cours des dix dernières années pèsent bien peu face au chômage intergénérationnel. Les inégalités en termes de revenus et de santé sont extrêmes à Glasgow. Comme le note très justement la journaliste Alison Rowat, « vivre et travailler à Glasgow, c’est reconnaître que c’est une ville de lumière et d’ombre, de richesse et de pauvreté, où les privilèges manifestes côtoient l’exclusion sociale indécente. Si on ne le sait pas, on n’est pas de Glasgow »34 . Les Jeux du Commonwealth seront réussis quand, dans quelques années, on pourra démontrer qu’ils ont significativement contribué à améliorer la vie, et la santé, des Glaswégiens les plus modestes.

Fabien Jeannier

 

Fabien Jeannier est professeur d’anglais au lycée Aristide Briand de Gap, docteur en civilisation britannique de l’université de Lyon et membre du laboratoire Triangle UMR 5206. Ses travaux de recherche portent sur l’Écosse contemporaine et les politiques de régénération urbaine à Glasgow.

 

Image de couverture : bannières publicitaires pour les Jeux du Commonwealth autour de George Square, la place centrale de Glasgow (Jeannier, 2010).

  1.   Garden Festival en 1988, année de la Culture en 1990, ville britannique de l’architecture et du design en 1999 pour ne citer que les plus importants. []
  2.  Recensement de 2011, http://www.scotlandscensus.gov.uk/ []
  3. Les travaillistes sont toujours au pouvoir. []
  4. Toutes les citations ont été traduites de l’anglais vers le français par l’auteur. http://news.bbc.co.uk/2/hi/uk_news/scotland/glasgow_and_west/7087215.stm : “We’ve struck gold for Glasgow but the hard work starts from here. This is not about politicians taking glory, or about the sporting world coming to Glasgow on its own. It’s about making sure there is a lasting legacy.” []
  5. Souligné par l’auteur. []
  6. Glasgow City Council, Glasgow Economic Review – June 2006, Glasgow, Glasgow City Council, 2006, p. 10 : “Bringing the 2014 Commonwealth Games to Glasgow would change our City. Hosting the world’s second largest multi-sport event would make sure that the reinvention of Glasgow not only continues, but steps up a gear. It would bring jobs and investment. It would see regeneration and renewal in some of the communities that need it most. And it would showcase everything that our wonderful City has to offer to a global audience of billions.” []
  7.  “fantastic”, “triumph”, “glittering Games”, “inspiring”, “city absolutely buzzing”, “phenomenal home crowds”; “Glasgow has left its mark on the world. The people of this city have delivered the best Commonwealth Games in the event’s history. We are already seeing the legacy of the Games in jobs, economic development and participation in sport. Tonight, we’ll continue to party and everyone will enjoy what promises to be a fantastic celebration of our proud city and its remarkable people. Tomorrow and for years to come, the people of Glasgow will grab the legacy of the Games and make it their own. Glasgow will never be the same again.”, Herald Scotland, 4 août 2014. []
  8. Andy Bull, “Commonwealth Games 2014 : Glasgow primed to make a big splash”, The Guardian, 23 juillet 2014. []
  9. Même la météo, inhabituellement superbe pendant toute la période, a positivement contribué à cette réussite. []
  10. Alexander McArthur and H. Kingsley Long, No Mean City : A Story of the Glasgow Slums, Longmans, Green, 1935. Le roman est foncièrement pessimiste et méprisant envers la classe ouvrière qui y est dépeinte comme pauvre, dangereuse, primitive, animale, à peine socialisée et humanisée. Il s’en prend également directement à la tradition socialiste radicale de la ville, qu’il décrit comme inutile et opportuniste. []
  11. Graeme Macpherson, “Whatever he might have said, Bolt finds out Glasgow is No Mean City”, Herald Scotland, 2 août 2014: “Glasgow’s transformation is now complete. The No Mean City is no more”. []
  12. “People make Glasgow”. []
  13. Les slogans les plus connus sont « Glasgow’s miles better » ou « Glasgow, the friendly city ». []
  14. Au cours de ses onze années d’existence (2003-2014), l’agence de régénération urbaine Clyde Waterfront partnership, dont le territoire s’étendait du centre-ville de Glasgow à l’embouchure de la Clyde, a permis la reconversion d’une large superficie de friches industrielles en équipements de tourisme, en zones d’activité économique et en logements. À Glasgow, les projets de régénération étaient découpés en trois zones : Glasgow City Centre, Pacific Quay and SECC et Greater Govan & Glasgow Harbour. C’est cette partie qui regroupe la majeure partie des infrastructures culturelles de tourisme et de loisirs de la ville. Il s’y est construit un nombre important de logements dans le secteur privé. La dernière réalisation d’envergure est le musée des transports, le Riverside Museum, situé à Glasgow Harbour, qui a ouvert ses portes en juin 2011. Une archive des réalisations est consultable à l’adresse suivante : http://www.clydewaterfront.com/projects. []
  15. Il se situe sur la rive sud de la Clyde, face au centre-ville. []
  16. Cette analyse est issue d’une conversation en juillet 2011 avec Andy Kirk, architecte et directeur associé au cabinet d’architecture Bennetts Associates. []
  17. http://www.clydegateway.com/pages/about_clyde_gateway.php. []
  18. David Donnison, and Alan Middleton (eds.), Regenerating the Inner City – Glasgow’s Experience, London, Routledge & Kegan Paul, 1987. []
  19. Le budget prévisionnel était de £229 millions. []
  20. Glasgow 2014, People, Place, Passion. Glasgow 2014 Commonwealth Games Candidate City File, Glasgow, Glasgow 2014, 2007, pp. 131-132. []
  21. Glasgow 2014, op. cit., p. 126. []
  22. http://www.glasgow.gov.uk/index.aspx?articleid=10902. []
  23. Voir le site internet dédié à la vente des appartements : www.citylegacy.co.uk/. Les prix annoncés vont de £75 000 pour un studio à £200 000 pour un appartement de 4 pièces. []
  24. Glasgow City Council, Glasgow Economic Review – June 2006, Glasgow, GCC, pp. 10-11. []
  25. Scott Wright, “Construction industry takes gold after Games investment”, Herald Scotland, 25 juillet 2014. []
  26. Il est difficile d’avancer des chiffres indiscutables dans ce domaine. Ceux que nous proposons proviennent de notre lecture de la presse (Herald Scotland et The Guardian). Ils ne détaillent en général pas ce à quoi ils correspondent. []
  27. Neil Smith, « New Globalism, New Urbanism: Gentrification as Global Urban Strategy » in Neil Brenner and Nik Theodore (eds.), Spaces of Neoliberalism – Urban Restructuring in North America and Western Europe, Oxford, Blackwell Publishing, 2002, pp. 80-103. []
  28.  Erik Swyngedouw, Frank Moulaert and Aranxta Rodriguez, « Neoliberal Urbanization in Europe: Large-Scale Urban Development Projects and the New Urban Policy », in Neil Brenner and Nik Theodore (eds.), op. cit., pp. 195-229. []
  29. Neil Gray, “The Clyde Gateaway: A New Urban Frontier”, Variant, n°33, 2008, p. 11. []
  30. Neil Smith, « La gentrification généralisée : d’une anomalie locale à la « régénération » urbaine comme stratégie urbaine globale » in Catherine Bidou-Zachariasen (dir.), Retours en ville. Des processus de « gentrification » urbaine aux politiques de « revitalisation » des centres, Paris, Descartes & Cie, 2003, pp. 45-72. []
  31. Voir en particulier le site Glasgow Games monitor 2014 : http://gamesmonitor2014.org . []
  32. http://www.bbc.com/news/uk-scotland-glasgow-west-26857816. []
  33. “a shot of adrenaline”. L’expression est utilisée par Ed Monaghan, directeur du promoteur immobilier Mactaggart & Mickel, cité par Scott Wright, “Construction industry takes gold after Games investment”, Herald Scotland, 25 juillet 2014. []
  34. Alison Rowat, “A city daringly relocated on sunny side of the street”, Herald Scotland, 25 juillet 2014: “To live and work in this city is to know it is a place of light and shade, of wealth residing beside poverty, of conspicuous privilege and obscene deprivation. If one does not know that one does not really belong to Glasgow.” []

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