5 ans / Concours photo la ville des 5 sens

À l’occasion de son cinquième anniversaire, Urbanités a organisé un concours photo sur le thème de « La ville des 5 sens ». Au mois de novembre, chaque semaine, nous dévoilerons les 5 lauréats du concours. Vous pourrez également découvrir les 5 photographies lauréates et toutes les photographies candidates lors de notre soirée anniversaire organisée à Paris, À la folie, le jeudi 30 novembre 2017. 

 

Troisième prix : La vue, Mickael Chelal

« La vue », Mickael Chelal (Rosny-sous-Bois, 2017)

Cette photographie intitulée « la vue » représente la vue offerte par une sortie de secours d’une tour de la cité des Marnaudes à Rosny-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis (93). Située au quatorzième étage, cette sortie de secours donne vue sur une partie du grand ensemble mais élargit aussi l’horizon à d’autres villes du département (on aperçoit notamment Bondy, Noisy-le-sec, Villemomble, Bobigny, Drancy…).

Cette sortie de secours, qui a vu traverser les générations depuis sa construction à la fin des années 60, est également un espace d’entre-soi occupé par les jeunes du quartier, notamment par un groupe de jeunes hommes qui y a élu domicile. Cet espace d’intimité est le repère de ce groupe de pair profitant de la vue et de la tranquillité que procure l’appropriation de cet espace. Il nécessite de cohabiter avec les habitants qui acceptent plus ou moins bien cette co-présence mais qui caractérise le quotidien de la vie dans les cités.

Mickael Chelal

Quatrième prix : couleurs draveilloises, Romane Carballo

Couleurs draveilloises, Romane Caballo (Draveil, 2017)

 

Cette photographie, prise à Draveil, illustre bien selon moi le thème des cinq sens car elle sollicite principalement, comme l’environnement urbain peut le faire, la vue. Ce cliché est rempli de couleurs solaires ; rouge, jaune, orange, avec cette peinture murale et cette jeune fille dont l’habillement s’accorde parfaitement avec le paysage. Il montre la richesse visuelle des endroits populaires où les murs sont habillés de tags, de graffitis colorés, comme pour pallier la tristesse des parois grises et sales. Aucun pan de mur du paysage urbain n’est délaissé et chacun peut s’approprier un morceau de pierre pour y laisser son empreinte. J’ai choisi cette photographie parmi tant d’autres parce qu’elle véhicule un joli message. Le paysage des cités, des banlieues, ce n’est pas la pauvreté.

Romane Carballo

Romane Carballo est étudiante et photographe à ses heures, résidant à Draveil (Essonne).

Cinquième prix : La ville à l’ombre du volcan, Priscillia Jorge

La ville à l’ombre du volcan, Priscillia Jorge (Quito, 2016)

Contempler Quito depuis le volcan Pichincha, loin des effluves de santal de ses ruelles historiques et du brouhaha de ses grandes artères. S’extraire de la ville pour mieux la voir. Ressentir la sérénité de cette ancienne cité inca devenue métropole tentaculaire. Et éprouver sa confiance dans cette géographie andine mythique.

Dans la cosmovision indigène, les volcans sont considérés comme des entités sacrées. La légende raconte que deux guerriers andins, les volcans Chimborazo et Cotopaxi se disputèrent des années durant l’amour de la belle Tungurahua, autre volcan de la région. À la suite de sa victoire, Taita Chimborazo épousa Mama Tungurahua et de leur union naquit le Guagua Pichincha.

Du haut de ses 4 784 mètres, il domine la ville de Quito et la brume qui le recouvre à la nuit tombée ne suffit pas à faire oublier son imposante présence. À l’inverse de son vieux compagnon, le Rucu Pichincha, aujourd’hui éteint, il est toujours en activité. En 1999, sa dernière éruption a recouvert la ville d’une épaisse couche de cendres.

Priscillia Jorge

Priscillia Jorge est architecte-urbaniste et travaille sur la dimension vécue de l’espace et les paysages de la mobilité dans les métropoles contemporaines.

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